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Une justice de temps de guerre
L’industrie culturelle sera autorisée à surveiller elle-même les réseaux d’échanges P2P, afin de collecter les adresses IP des internautes qui téléchargent des contenus dits "illégaux" pour ensuite les punir.
Sans même passer par un juge d’instruction, sans aucun droit à la défense, les vilains "pirates" recevraient deux courriers d’avertissement, après quoi, en cas de "récidive supposée", leur connection serait coupée à leurs frais. La sanction est d’abord appliquée ensuite, vous avez le droit, une fois puni, d’essayer de vous justifier.
Bonne chance à tous !
Consécration de la « ©ulture de marché »
Après avoir sauvé les banques avec l’argent du contribuable, voici maintenant le petit coup de pouce à l’industrie de la culture, la consécration de la « culture de marché » au détriment de la Culture. Une vision où chaque objet de l’esprit (mélodie, idée, chanson, film, texte) est enfermé dans une petite boîte avec une clé, et une étiquette avec un prix dessus. Une culture qu’il est interdit de transmettre ! La ©ulture quoi !
Prétexte fallacieux
Le prétexte fallacieux utilisé pour imposer ces lois liberticides est la protection de la création. Bien loin de la protéger, ces mesures visent à l’étouffer. Internet est une fantastique opportunité culturelle pour tous, d’échanger et de participer aux savoirs et à la création, et ce à un coût quasi nul. Mais l’industrie culturelle n’a pas l’intention d’abandonner son monopole de sitôt.
SABORDONS L’HADOPI
Certains activistes prônent en France, comme ultime solution pour s’opposer au projet, de saborder HADOPI en téléchargeant massivement des contenus illégaux pour rendre inopérantes les mesures, sous le poids des dossiers à traiter. Une sorte de solidarité générale : Nous sommes tous pirates, nous avouons ! Grand François, cinéaste, vous expliquera ça mieux que moi.
SABORDONS L’HADOPI (Super !) par Grand François (Interview de Seb Musset) +/- 5mn
Des mesures techniquement débiles
Ensuite, les mesures sont techniquement débiles. Vous avez un modem sans fil ? Il suffit de télécharger des logiciels pour casser sa protection, si vous en aviez une. Votre voisin peut alors télécharger n’importe quoi sur votre compte (votre adresse IP). C’est vous qui serez puni.
A moins d’accepter d’installer vous-même sur votre ordinateur, un logiciel espion raccordé aux serveurs de l’HADOPI, et qui filtrera vos contenus téléchargés. Ce logiciel, qui préfigure la petite puce que nous devrons sans doute tous bientôt porter sous la peau, peut vous aider à vous disculper (puisque vous êtes coupables). Il est propriétaire et PAYANT ! Il ne fonctionne évidemment que avec Windows et Mac, les utilisateurs de GNU/Linux n’ayant pas cette « chance » ! En plus, il semble facile à contourner (voir ici)
« la Quadrature du net » milite en France contre cette loi
Pour terminer un court extrait du site de la Quadrature du net qui a activement milité en France, contre cette loi :
Les pistes de réflexion pour le futur de la création semblent donc claires :
* Légaliser le partage d’œuvres sans but lucratif entre particuliers. Non seulement il ne nuit pas, mais il est en outre impossible à stopper et tout ce qui sera mis en œuvre pour tenter de le contrer sera dangereux, extrêmement coûteux pour le contribuable et voué à l’échec. Une contribution créative, financement indirect mutualisé de la création comme ce qui existe pour la musique à la radio, la copie privée, etc. pourra être instaurée en échange.
* Pour les industries du divertissement : innover et créer des produits et services à forte valeur ajoutée que leurs clients achèteront volontiers. Ces ventes se feront en complément des échanges entre particuliers et non en substitution, comme la musique à la radio complétait au XXe siècle la vente de CD. Il n’est pas dans le rôle de l’État de tenter de pallier un déficit d’innovation dans quelque industrie que ce soit. Aucune loi n’est venue interdire l’ampoule électrique pour protéger les fabricants de bougie.
Conclusion
Bref, HADOPI, un bazar anachronique et ingérable dont le coût va être répercuté sur les citoyens, au profit des marchands, aux dépens de la Culture et du bien commun. Une de ces opérations Win-Win dont Sarkozy a le secret : poursuivre la marchandisation du monde tout en jouant un air de violon, cette fois-ci sur le thème de la défense des malheureux artistes, victimes de la piraterie.
Tiens ! On parie que dans les trois mois, le MR (libéraux francophones belges) de Didier Reynders fait une proposition de loi similaire en Belgique ?
